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Sur la situation politique en corse
Le Parisien, Emile Zuccarelli, 9 août 2004
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Que pèse encore la mouvance nationaliste ?

Les Corses ont , lors des dernières élections ramené les espérances des séparatistes à une plus juste raison. Leur échec électoral a été clair. Je crois, en tous cas, qu'ils ne doivent être considérée qu'à l'aune des électeurs qui lui apportent  leurs suffrages pour des raisons souvent très diverses souvent liées à un vote contestataire qui s'exprime autrement sur le continent. Mais ils ne doivent en aucune façon être considérés au delà en fonction des menaces qu'ils profèrent ou des craintes qu'ils tentent de susciter et qui ne trouvent d'ailleurs plus prises ni sur la population ni sur la plupart des élus.

2. Craignez-vous une radicalisation de certains éléments ?

Je suis scandalisé par les déclarations de certains fractions, notamment quant elles tentent de remettre au goût du jour le départ forcé de ceux qu'ils appellent les "fonctionnaires de passage" et dont je dis clairement qu'ils sont en Corse, comme les autres citoyens, chez eux. Mais il y a une part de surenchère dans ces gesticulations. Les organisations séparatistes cherchent un nouveau souffle politique. Alors elles se partagent les rôles. Et tentent, notamment, de faire croire qu'il y aurait des "gentils" et des "méchants" séparatistes. Je n'y crois pas du tout. Ils ont tous fait liste commune aux dernières élections territoriales. Et les soi-disant "gentils" n'ont pas hésité à figurer aux côtés de ceux qui refusent toujours de condamner la violence.

3. Dominique de Villepin a t-il raison de rester ferme et de refuser toute  négociation ?

Je suis député d'opposition. Cela ne m'empêche pas de soutenir Dominique de Villepin dans la politique qu'il a annoncé pour la Corse : sécurité et développement économique. C'est la seule politique qui permettra à la Corse de sortir de 30 années noires. Et les séparatistes le savent bien. C'est aussi pour cela qu'il la combatte avec tant de force. Quant à une "négociation", formule curieuse en démocratie, je me demande toujours négocier quoi et avec qui...

4. Les nationalistes vivent comme une une provocation la nomination de l'ancien patron du Raid, responsable de l'arrestation d'Yvan Colonna, comme préfet de police sur l'Ile. Qu'en pensez vous ?

Tout cela c'est de l'agitation. Les nationalistes n'ont plus de perspectives. Alors ils se cherchent des boucs émissaires. Elus républicains ou hauts fonctionnaires. Cela ne changera rien à ma détermination, comme, je l'espère, à celle de tous les acteurs responsables dans l'île.

5.Comment voyez vous l'avenir de la Corse ?

La priorité est dans le respect des Corses et de leurs choix. Ils l'ont dit clairement en mars dernier : ils veulent que la Corse reste dans la République, que les poseurs de bombes soient mis au ban de la société et que le développement économique leur permette d'espérer en l'avenir. C'est cette politique là, et elle seule, que le Gouvernement doit conduire.

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