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Le député-maire
(PRG) de Bastia, Emile Zuccarelli prévient qu'il n'acceptera pas, en
cas de victoire de la gauche en 2007, la réouverture de discussions sur
une réforme des institutions de la Corse dans la lignée des accords de
Matignon initiés par Lionel Jospin en 1999, puis de la politique de
Nicolas Sarkozy qui avait échoué avec le référendum de 2003. En cas de retour au pouvoir dans deux ans, la gauche doit-elle poursuivre dans la voie des accords de Matignon ? Evidemment
non. Certes, il y a eu des aspects positifs au processus de Matignon
comme le plan exceptionnel d'investissement. Mais ils furent le fait
d'un travail de fond avec tous les élus, non d'un dialogue exclusif
avec les nationalistes. Ce processus a lourdement péché par les
conditions de son lancement qui répondaient à deux violents attentats à
Ajaccio. La mise en scène d'un face-à-face entre le gouvernement Jospin
et les séparatistes a abouti à une énième réforme institutionnelle.
Depuis, les électeurs de Corse ont tranché le 6 juillet 2003. Sauf à
trahir le suffrage universel, il est donc hors de question de rouvrir
la boîte de Pandore des réformes institutionnelles et des négociations
publiques ou occultes. Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy en ont
pris acte. Je souhaite que la gauche, le moment venu, ait le même
respect du suffrage universel. Sa victoire en 2007 passe par l'unité
dans la clarté des choix. La stabilité institutionnelle en Corse et le
refus des négociations avec les violents et ceux qui cautionnent leurs
exactions en font partie. Une sortie de crise à l'irlandaise est-elle possible en Corse ? Il
faut cesser de comparer la situation de la Corse à celle de l'Ulster
ou, pourquoi pas, du Liban et du Moyen-Orient. Notre région fait partie
intégrante de la République. C'est le voeu de l'immense majorité des
Corses, exprimé à chaque occasion. Les dérives constatées sont le fait
d'une infime minorité, de plus en plus marginalisée, d'ailleurs. Les
nationalistes sont, ici, dans une impasse. S'ils veulent être respectés
dans le débat démocratique, ils doivent renoncer préalablement et
définitivement à la violence. Nous n'en sommes, hélas, pas là... Plusieurs élus corses ont dénoncé le blocage de l'exécutif territorial. Etes-vous sur cette même ligne ? Il
n'y a pas de majorité claire à l'Assemblée de Corse. 51 élus sont
répartis en 9 groupes. Et certains d'entre eux, très minoritaires,
jouent, au gré des événements, les forces d'appoint. Ainsi, les
nationalistes ont, l'an dernier, cautionné l'élection de l'exécutif UMP
qu'aujourd'hui ils combattent. Dès le lendemain des élections
territoriales en mars, j'avais déposé au Parlement une proposition de
loi pour aligner le mode de scrutin insulaire sur celui en vigueur dans
les autres régions afin de garantir ainsi une majorité stable et
lisible. Le ministre de l'Intérieur n'a pas souhaité y donner suite
pour le moment. La collectivité territoriale de Corse a des compétences
considérables. Les Corses doivent avoir la possibilité de choisir une
majorité claire et pérenne pour la gérer.
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