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Depuis le référendum de juillet 2003, Sarkozy campe sur une ligne de fermeté
Le Figaro, dominique costa, 8 août 2005
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«Si les organisations indépendantistes corses ne déposent pas les armes, les responsables sont à Paris !» Cette antienne martelée ce week-end par tous les leaders nationalistes donne le la de leur stratégie face au gouvernement : les attentats ne cesseront pas tant que l'Etat n'acceptera pas de reprendre le dialogue et d'accéder aux revendications «historiques et légitimes» des poseurs de bombes. Sans grande surprise, aucune annonce majeure n'est sortie des chapiteaux de la 24e édition des «Ghjurnate Internaziunale» (Journées internationales) de Corte.

Ceux qui, grisés par la décision historique de l'IRA d'en finir avec le terrorisme, attendaient un geste similaire de la part des groupes armés corses resteront sur leur faim... Tout au plus, Jean-Guy Talamoni, pressé par les tenants d'une ligne plus modérée, a-t-il consenti cette timide avancée : «Les choses pourraient se régler en Corse» à condition que «le gouvernement reprenne le dialogue». «Les nationalistes, même dans leur composante clandestine, ont montré qu'ils étaient ouverts et prêts à discuter, martèle-t-il. C'est aujourd'hui à l'Etat qu'il appartient de débloquer la situation, mais il n'y a plus de dialogue depuis les rencontres de Matignon !»

Au cours de sa visite marathon sur l'île le 22 juillet dernier, le ministre de l'Intérieur avait été clair en refusant aux amis de Jean-Guy Talamoni toute discussion sur une nouvelle évolution des institutions de l'île. Sur ce point, Nicolas Sarkozy n'a pas varié d'un iota depuis que les Corses ont répondu par la négative au référendum engagé par l'Etat il y a deux ans.

Il a écarté de la même manière toute possibilité de palabres «même secrètes» avec les représentants des mouvements indépendantistes et les a exhortés à abandonner des pratiques encore trop fondées sur l'intimidation et la terreur. Passés maîtres dans l'exercice de la rodomontade pour contraindre Paris à négocier sous la menace, Jean-Guy Talamoni et ses mandants sont engagés dans une course de vitesse qui les laisse sans souffle. Jugés infréquentables par la classe politique insulaire, les tenants de la ligne dure sont aussi isolés à l'intérieur de la coalition Unione Naziunale.

Trente ans après les tragiques événements d'Aleria qui ont donné le coup d'envoi de la revendication nationaliste contemporaine, les autonomistes du Partitu di a Nazione Corsa (Parti de la Nation Corse) clament haut et fort leur ras-le-bol d'une violence qui ne sert à rien, si ce n'est à ruiner l'île et à enrichir quelques potentats qui en ont fait leur fond de commerce. En faisant tomber le chef de guerre Charles Pieri, condamné à dix ans de prison, et ses lieutenants en cagoules, Nicolas Sarkozy a brisé un mythe. Et fissuré la chape de plomb de la peur qui permettait à cette bande de régner...

De plus, en sommant Paris de reprendre le dialogue, Jean-Guy Talamoni n'apporte aucune garantie quant à sa capacité à faire taire les ultras du mouvement... Tout au plus pourrait-il négocier avec l'aide des amis de Charles Pieri, pour calmer les velléités du FLNC-Union des combattants. Mais quid du FLNC «du 22 octobre», plus radical encore, qui refuse obstinément le jeu du dialogue, allant jusqu'à accuser de traîtrise les autres composantes de la «famille» ?

Reste enfin la nature des revendications posées par les indépendantistes pour s'asseoir à une table de négociations. Le chapitre des détenus nationalistes occupera certainement une place décisive, tout comme le cas des assassins du préfet Erignac et le sort d'Ivan Colonna, qui attend d'être jugé. On voit mal de quelle manière, à moins de deux ans des échéances nationales, le gouvernement pourrait courir le risque de prendre quelque engagement que ce soit sur des sujets aussi épineux.



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