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L'Armée du peuple corse a déjà fait une victime : Denise B., 81
ans, morte d'une crise cardiaque après l'attentat contre l'inspection
académique d'Ajaccio le 10 octobre, action revendiquée par l'APC. Selon
les informations du Figaro, le parquet de Paris a délivré le 22 décembre au juge d'instruction antiterroriste Gilbert Thiel un réquisitoire supplétif pour «destruction volontaire d'un bien mobilier ou immobilier par substance explosive ou incendiaire ayant entraîné la mort», crime passible de la perpétuité devant une cour d'assises spéciale.
Le 10 octobre, vers 22 h 42, une charge estimée à une dizaine de
kilos d'explosifs avait explosé au rez-de-chaussée du bâtiment de
l'inspection académique, situé dans un quartier résidentiel d'Ajaccio.
L'épouse du concierge et sa fille de 12 ans, avaient été blessées par
des éclats de verre et hospitalisées. La bombe avait provoqué
d'importants dégâts matériels, ravageant le hall et les appartements du
gardien et de l'inspecteur d'académie. Le préfet de Corse, Pierre-René
Lemas, avait souligné que «cet attentat [était] intervenu
dans un quartier fortement urbanisé et à un moment où des passants, des
commerçants et des résidents pouvaient en être directement les
victimes. On a délibérément pris le risque de blesser ou de tuer».
Chose rare en Corse, habituée aux attentats dévastateurs mais sans
victimes, l'attentat d'Ajaccio coûtait d'ailleurs la vie à une
habitante. Voisine des locaux détruits, une vieille dame de 81 ans
avait appelé à l'aide quelques minutes après l'explosion. Cardiaque,
elle s'était plainte de «douleurs à la poitrine» auprès de
voisins. Les douleurs avaient semblé s'apaiser mais la vieille dame
était finalement retrouvée morte au petit jour, l'heure du décès étant
estimée à environ 1 heure du matin. Le parquet d'Ajaccio avait
immédiatement ouvert une enquête visant à rechercher les causes de la
mort. Le mois dernier, les magistrats ajacciens recevaient une
expertise médicale établissant un lien entre l'attentat et le choc
émotionnel ressenti par la personne décédée. En clair, l'explosion
était responsable de la mort de la vieille dame d'Ajaccio. Transmise au
parquet de Paris à la mi-décembre, cette expertise a fondé le
réquisitoire supplétif délivré par le ministère public.
Si elle assombrit le devenir judiciaire des plastiqueurs du 10
octobre, toujours en fuite, l'affaire ne surprend guère eu égard au
profil de l'APC. Dès son apparition, le 29 juillet 2004, le groupuscule
s'est distingué par une violence verbale et physique extrême. Le 8
août, l'Armata di u populu corsu demandait dans un communiqué «à tous les fonctionnaires de passage sur l'île de se préoccuper de leur mutation rapide vers la France». Le
14 novembre, elle revendiquait un attentat à l'explosif contre la
mairie de Bordeaux le 29 octobre ainsi que celui contre le rectorat
d'Ajaccio, le 5 octobre, et l'attentat du 10 octobre contre
l'inspection académique. L'APC en profitait pour lancer un «avertissement» à l'UMP. Le 22 novembre, elle menaçait de frapper «dans un mois exactement des cibles verrouillées». Le
groupe avait également perpétré un attentat à la roquette en mai 2004
contre la gendarmerie de Cauro (Corse-du-Sud), le pire étant évité par
miracle. Autant d'actes qui donnent du poids aux propos d'une
organisation évoquant des «drames tels que celui qui s'abattra sur un représentant de l'occupant en poste sur l'île».
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